Sophie de Menthon : chef d’entreprise libérale

Sophie de Menthon

Symbole fort d’une certaine bourgeoisie libérale, Sophie de Menthon ne passe pas inaperçue. La dame dérange parfois avec son franc-parler sans concession ! Ayant grandi sous la houlette d’un père sévère dans le cadre d’une éducation aux valeurs traditionnelles, c’est aujourd’hui une femme décomplexée qui ne craint pas de jeter des pavés dans la mare, au risque de déplaire… Mais elle assume. Portrait d’une femme volontaire et indépendante qui a su se faire respecter et trouver sa place dans le monde du travail.

 Une enfance aux couleurs du rêve américain

La jeune Sophie Turpin grandit à New York, qu’elle définit volontiers comme son image personnelle du paradis perdu. À ce moment, elle manifeste déjà une certaine indépendance en allant promener des chiens pour gagner elle-même son argent de poche. Ainsi qu’elle le dit en toute simplicité, sa télévision offre déjà 8 chaînes au choix, et « american touch » oblige : elle mange des frites. Bref, on ne fait pas de manières à New York. C’est dans ce contexte que la future Sophie de Menthon passe quelques années.

 Outre-Atlantique, le réveil sera sévère

Lorsque plus tard, elle rentre en France avec sa famille, c’est le choc : aux antipodes de son rêve américain, elle se retrouve dans le carcan de la bien-pensance étriquée. Très vite, elle décide de ne pas devenir comme sa mère, une ancienne étudiante de Sciences Po : cette dernière est femme et mère au foyer, comme c’est encore le lot commun de beaucoup de femmes à l’époque. Selon Sophie, sa mère était désespérée de cette situation. Son choix est fait : tout plutôt que cette vie oisive de grande bourgeoise de salon !

 Une femme libérale et libérée

En 1976, elle fonde sa société de télémarketing : Multilignes Conseil, qu’elle dirigera jusque dans les années 2000. Depuis 1995, elle préside le mouvement patronal ETHIC (Entreprises de Taille Humaine, Indépendantes et de Croissance) dans lequel elle s’est beaucoup investie. En 2004, naît sous son impulsion la SDME (Société de Management des Entreprises). Jusqu’en 2009, elle est membre du comité éthique du Medef, qu’elle finit par quitter pour signifier son profond désaccord avec Laurence Parisot sur la question de l’encadrement des rémunérations patronales. Madame de Menthon, toute chef d’entreprise qu’elle est, souhaite valoriser le travail en lui conférant la dimension humaine qui lui vient à manquer parfois. Dans cette optique, elle a créé la Fête des Entreprises « J’aime ma boîte », occasion permettant aux entrepreneurs et aux salariés de se retrouver dans la convivialité. Dans une vision large, la chef d’entreprise prône par ce biais la convivialité dans les entreprises en général. Elle soutient le régime de micro-entrepreneur, en bonne libérale qu’elle est elle-même : dans un monde traditionnel gouverné par la gent masculine, Madame de Menthon a su jouer des coudes (et se jouer des codes) pour atteindre sa place.